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Comment devenir chauffeur Uber : 5 étapes à suivre

09-06-2020
7 minutes

Étape n° 1 : passer l’examen VTC 

Afin d’exercer comme chauffeur Uber, vous devez réussir l’examen VTC. Sachez qu’il existe de nombreuses formations privées vous permettant de vous préparer !

Inscription et coût

Les examens VTC sont organisés par les Chambres de Métiers et de l’Artisanat (CMA). En conséquence, vous pouvez prendre connaissance des dates des sessions et vous inscrire sur le site internet de la CMA de votre région.

Voici les conditions nécessaires pour pouvoir vous inscrire à l’examen :

  • être titulaire d’un permis de conduire (B) européen depuis plus de trois ans (ou deux ans si vous avez bénéficié de la conduite accompagnée)

  • avoir suivi le premier niveau de la formation aux premiers secours (Prévention et Secours Civique, PSC1) au cours des deux dernières années

  • avoir un certificat d’aptitude médicale

Bon à savoir

Les frais d’examens sont fixés à 206 € en 2020. Néanmoins, il existe certains mécanismes vous permettant d’obtenir le paiement de tout ou partie de cette somme. Pôle emploi propose par exemple une prise en charge totale, via le Compte Personnel de Formation (CPF) et le FONGECIF.

Uber, pour sa part, s’engage à vous rembourser en cas de réussite sous 2 conditions :

  • Vous n’avez pas financé l’inscription via un mécanisme Pôle Emploi.

  • Vous avez passé l’examen dans un centre partenaire.

Déroulement de l’examen

Cet examen se déroule de deux étapes : un examen théorique et un examen pratique.

L’épreuve théorique 

D’une durée de près de 4 heures, elle se compose de 7 épreuves distinctes :

  • Réglementation du transport public particulier de personnes (également appelé T3P) (45 min)

  • Sécurité routière (30 min)

  • Développement commercial (30 min)

  • Réglementation VTC (20 min)

  • Gestion d’entreprise (45 min)

  • Français (30 min)

  • Anglais (30 min)  

Vous devrez à la fois répondre à des questionnaires à choix multiples ainsi qu’à des questions écrites courtes.

À l’exception de l’anglais, toute note inférieure à 6/20 est éliminatoire. Vous validerez l’examen en obtenant une note moyenne supérieure ou égale à 10/20.

Bon à savoir

Vous devez réussir l’épreuve théorique pour pouvoir vous présenter à l’épreuve pratique.

L’épreuve pratique 

Vous serez mis en situation pendant une vingtaine de minutes. Le jury prendra le rôle du client, et vous devrez agir comme lors d’une véritable prise en charge. 

Vous serez évalué sur les critères suivants :

  • La préparation et le bon suivi de l’itinéraire

  • Votre conduite (sécurité, respect des règles, souplesse de conduite…)

  • Votre relation client (prise en charge et relation avec le client lors de la course)

Vous avez raté l’examen pratique ? Pas de panique ! Votre réussite à l’épreuve théorique est valable pendant 12 mois, et vous êtes autorisé à repasser l’examen pratique encore deux fois.

Le saviez-vous ?

Vous avez déjà travaillé dans le transport de personnes (bus, taxis…) ? Si vous pouvez justifier d’au moins une année d’expérience au cours des dix dernières années, pas besoin d’examen : vous pouvez obtenir votre carte VTC gratuitement par équivalence !

Étape n° 2 : demandez votre carte VTC et inscrivez-vous au registre !

Vous avez votre permis en poche ? Vous devez désormais demander votre carte professionnelle et vous enregistrer auprès du registre VTC (Véhicule de Tourisme avec Chauffeur). Ce registre vous enregistre en tant que professionnel et permet de centraliser toutes vos démarches (déclarations, cessation d’activité…).

Pour obtenir votre carte VTC, il vous suffit d’effectuer la demande auprès de la préfecture de votre résidence, en présentant :

  • un document attestant de la réussite de l’examen

  • un justificatif de domicile. 


Vous pouvez envoyer le dossier par la poste, ou encore le déposer directement sur place. Le délai d’obtention varie d’un département à l’autre, mais comptez environ deux mois pour recevoir votre carte. 

Information importante

Vous devrez obligatoirement renouveler votre carte VTC tous les 5 ans. Pour ce faire, il est nécessaire de suivre un stage de formation continue de 14 h minimum dans un centre agréé.

Vous devrez ensuite vous connecter sur le site du ministère de la Transition écologique et solidaire pour vous inscrire au registre VTC.


Il vous faudra alors fournir les pièces suivantes :

  • Une attestation d'assurance (responsabilité civile professionnelle)

  • Un justificatif attestant de l’immatriculation de l’entreprise

  • Une copie de la carte grise du véhicule

  • Une copie de votre carte professionnelle VTC

  • En cas de véhicule loué, le contrat de location OU en cas de contrat inférieur à 6 mois, un justificatif de la garantie financière du véhicule (montant fixé à 1 500 €).

Information importante

L’inscription au registre VTC est payante. Il vous en coûtera 170 €.

Étape n° 3 : créer votre entreprise

Puisque vous exercez une activité et que vous émettez des factures, vous devez placer votre activité professionnelle dans une forme juridique.

Vous aurez alors le choix : créer une société ou ouvrir une entreprise individuelle.

La création d’une société

Si vous souhaitez vous lancer seul dans votre activité, la forme sociétale vous correspondant est la société unipersonnelle. Vous serez alors l’unique associé. 


Il en existe deux formes :

  • L’EURL (forme unipersonnelle de la SARL) : son encadrement législatif est relativement strict. Son fonctionnement est dicté par le Code de commerce. 

  • La SASU (forme unipersonnelle de la SAS) : il s’agit d’une structure plus souple, que vous pouvez modeler en fonction de vos besoins.

Au-delà de ces différences, ces deux formes restent très proches et sont ouvertes aux mêmes activités. En général,  les chauffeurs VTC privilégient la SASU (ou SAS en cas de plusieurs associés).

Bon à savoir

Si vous souhaitez finalement vous lancer dans une société accueillant plusieurs associés, vous pouvez parfaitement faire évoluer votre EURL en SARL, ou votre SASU en SAS.

Attention : les formalités de création d’une société sont plus lourdes que celles de l’entreprise individuelle. Il est notamment obligatoire de rédiger des statuts d’entreprise.

La création d’une entreprise individuelle

L’entreprise individuelle se décline en trois formes :


L’entreprise individuelle classique (EI) 

Il s’agit d’une forme simplifiée d’entreprise. Aucun capital minimum n’est imposé. Les obligations comptables sont légères : seuls le livre journal, le grand livre et l’inventaire doivent être tenus. En revanche, en cas de dettes, vous engagerez votre patrimoine personnel (biens privés).

Il existe deux variantes de cette structure juridique :

  • Un régime simplifiant le fonctionnement de l’EI : le régime micro-entrepreneur.

  • Une forme particulière d’entreprise individuelle permettant de limiter la responsabilité de l’entrepreneur : l’EIRL.

La micro-entreprise

Pour sa part, le régime micro-entrepreneur (ou auto-entrepreneur) permet de bénéficier d’une forme simplifiée de l’entreprise individuelle. 

Pour profiter de ce régime, vous devrez respecter les seuils suivants :

  • Pour une activité de vente de marchandises ou des prestations d’hébergement  : 176 200 €

  • Pour une activité de prestations de services : 72 500 €

  • Pour une activité mixte : 176 200 €, dont maximum 72 500 € de prestations de services.

À condition de respecter ces plafonds, vous bénéficierez :

  • D’une comptabilité allégée, se résumant à la tenue d’un livre de recettes, et dans le cas d’une activité de vente, l’actualisation d’un registre des achats 

  • D’un paiement simplifié des impôts : vous pouvez payer vos impôts selon le régime d’imposition classique(prélèvement à la source avec versement d’acomptes) ou opter pour le versement libératoire, où l’impôt sera prélevé en même temps que vos cotisations en suivant un taux fixe.

  • D’un régime social simplifié : vos cotisations sociales sont calculées en fonction de votre chiffre d’affaires ! Cela permet une meilleure visibilité de votre trésorerie car les cotisations sont payées très régulièrement.

Le régime de la micro-entreprise vous intéresse ? Vous pouvez vous lancer avec notre partenaire Portail Auto-Entrepreneur !

Information importante

Si vous choisissez la micro-entreprise, pensez bien à demander votre numéro de TVA. En effet, celui-ci ne vous sera pas communiqué automatiquement et la société Uber en aura besoin pour constituer votre dossier.

L’Entreprise Individuelle à Responsabilité Limitée (EIRL)

L’EIRL est une forme d’entreprise individuelle plus protectrice. Elle permet en effet la création d’un patrimoine dédié à votre activité, appelé patrimoine d’affectation

Pour faire simple, c’est comme s’il existait deux porte-monnaie : l’un pour votre vie privée, et l’autre pour votre vie professionnelle. Chacun est distinct : ainsi, avec une EIRL, il n’est pas possible de saisir vos biens personnels (situés dans votre porte-monnaie privé) en cas de dettes, car ces dernières concernent votre porte-monnaie professionnel.

À l'inverse, dans le cas de l’EI et de la micro-entreprise, en cas de déficit financier de votre entreprise, vos biens personnels ne sont pas protégés. 

Bon à savoir

En optant pour l’EI ou la micro-entreprise, vous avez la possibilité de rédiger une déclaration d’insaisissabilité, qui permet à certains biens immobiliers d’être intouchables. Sachez toutefois que depuis 2015, votre résidence principale est automatiquement considérée comme insaisissable !

Étape n° 4 : trouvez et adaptez votre véhicule

Votre véhicule devra remplir certains critères :

  • Compter entre 4 et 9 places, et au minimum 4 portes

  • Avoir moins de 6 ans (quelques exceptions existent pour les voitures de collection)

  • Égaler ou excéder les dimensions 4.50m x 1.70m

  • Égaler ou excéder une puissance de 84 kW

À noter que vous pouvez consulter la liste des véhicules acceptés par Uber directement sur leur site internet.

 

Bon à savoir

Vous n’êtes pas obligé d’être propriétaire du véhicule : vous pouvez parfaitement le louer.

Vous avez trouvé le véhicule idéal ? Voici quelques obligations à respecter au cours de votre activité VTC :

  • Souscrire une assurance de responsabilité civile professionnelle (RC Pro), indemnisant tout préjudice corporel, matériel et immatériel causé à un client ou à un tiers (compter environ 3 000 € pour une assurance « Dommages tous accidents et Responsabilité civile professionnelle »). 

  • Soumettre votre véhicule à un contrôle technique annuel

Étape n° 5 : devenez chauffeur Uber, ENFIN !

Vous êtes à deux doigts d’obtenir le précieux sésame : la fonction de chauffeur Uber. 

Il ne vous reste plus qu’à vous créer un compte chauffeur sur la plateforme en ligne et à suivre la procédure indiquée. Si vous avez franchi les 4 étapes précédentes, celle-ci ne vous posera aucun souci !


Chauffeur Uber : quel avenir ?

La relation entre Uber et ses chauffeurs a été requalifiée en relation employeur / employé par la justice française le 4 mars 2020, remettant en question l’avenir des chauffeurs Uber.

Qu’est-ce que cela signifie ? Un travailleur indépendant est normalement libre de fixer ses prix et les modalités de ses prestations. En revanche, l’entrepreneur se trouve dans une situation plus fragile : étant son propre patron, il est dépendant du bon fonctionnement de son activité.

Dans le cas d’Uber, la société est censée être le client, et non l’employeur ! En effet, le chauffeur indépendant vend une prestation de service à l’entreprise, à savoir ses services de chauffeur.

Pourtant, le chauffeur Uber ne fixe pas ses prix, ne peut pas choisir ses courses, et dépend entièrement de la plateforme. Pour ces raisons, la Cour de cassation a estimé que, dans les faits, il existait une relation employeur / employé entre Uber et ses chauffeurs, et que par conséquent le contrat les liant était un contrat de travail.

Qu’est-ce que cela change ? Cette requalification renforce la protection des chauffeurs. 

En effet, en étant considérés comme salariés, ils pourront  :

  • prétendre à un salaire mensuel déterminé à l’avance (qui peut être optimisé en fonction de leur productivité par le biais de primes)

  • bénéficier d’indemnités en cas de licenciement

  • bénéficier de congés payés

Si pour l’instant, vous pouvez toujours exercer en tant que chauffeur indépendant, il est hautement probable que le modèle Uber soit bouleversé suite à cette décision de justice. 

Pour ces raisons, nous conseillons à tous les chauffeurs et futurs chauffeurs Uber de rester informés afin de connaître leurs droits.


Besoin d’être guidé dans vos démarches de création ? Nos conseillers Simplitoo seront ravis de vous accompagner !

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