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Comment devenir luthier ?

04-09-2021
5 minutes

Vous êtes passionné de musique et le métier de luthier vous intéresse ? Diplômes, conditions d’exercice, salaire... Voici nos informations pour vous aider à concrétiser votre projet.

Qu’est-ce qu’un luthier ? 

Le luthier est un artisan qui fabrique de ses mains des instruments de la famille des violons, altos, violoncelles, guitares et autres instruments à cordes frottées et pincées. Pour cela, il sélectionne le bois, le découpe, le taille et le sculpte avec des outils traditionnels. Une fois la forme de l’instrument obtenu, il le vernit. 

 

Le luthier ne s’occupe pas uniquement de la fabrication d’instruments à cordes, comme les guitares ou les violons. Il en assure également :  

  • L’entretien et la réparation, c’est à dire principalement recoller et rebarrer l’instrument ; 

  • Le réglage de la sonorité de l’instrument ; 

  • La restauration ; 

  • L’expertise. 

 

Les instruments dont se sert le plus souvent le luthier sont les rabots, les canifs, les ciseaux, les gouges, les scies, le compas d’épaisseur, le fer à cintrer et le traçoir.  

 

Le saviez-vous ?

Luthier et facteur d’instruments ne sont pas synonymes. Le luthier est un facteur d’instruments, car il s’occupe également d’accorder les violons et les guitares, mais il existe d’autres facteurs d’instruments, comme les facteurs de pianos. Ce terme désigne, de manière générale, tout artisan spécialisé dans la fabrication, la restauration et l’accordage d’instruments de musique.   

 

Quels sont les prérequis pour devenir luthier ?  

Devenir luthier est avant tout une affaire de passion pour la musique et les arts manuels. Pour pouvoir être exercé dans les règles de l’art, il est préférable de suivre une formation. Fabriquer des instruments à cordes comme les guitares nécessite, en effet, un savoir-faire précis.  

 

Une seule école de lutherie existe en France pour faire des études dans ce domaine. L’École Nationale de Lutherie est basée à Mirecourt dans les Vosges, ville connue pour cet art depuis le 17e siècle. Elle délivre, après une formation professionnelle de deux ans, le Diplôme des Métiers d’Arts (DMA) de lutherie. Cette formation est gratuite, et s’organise entre le temps d’enseignement théorique en école et les stages pour d’acquérir une expérience professionnelle pratique du travail de luthier.  L’accès à la formation de DMA de lutherie à l’École Nationale de Lutherie se fait après une mise à niveau d’un an après le bac.  

 

Il existe également quelques CAP en apprentissage (celui de CFA de la SEPR à Lyon, et celui de l’école privée Lutherie Lès Maguelone) qui permettent de se former au travail de luthier auprès d’un professionnel avant de se mettre à son compte. Il n’est pas nécessaire d’avoir le bac pour faire ces études.  

D’autres études sont également envisageables à l’étranger. Il existe des établissements en Angleterre, en Allemagne, en Italie, en Suisse et aux États-Unis, directement accessibles après le bac.  

 

Bon à savoir

Aucun diplôme n’est exigé par la Chambre des Métiers et de l’Artisanat (CMA) pour devenir luthier. 

Ce métier ne figure pas dans la liste des activités artisanales réglementées. Il est alors tout à fait possible de s’inscrire auprès de la CMA sans qualification spécifique. Ceci dit, une formation apparaît indispensable pour maîtriser les techniques de fabrication et réparation complexes des instruments propres au métier.  

 

Quel statut juridique choisir pour devenir luthier ?  

Choisir le statut juridique de son entreprise est une étape importante pour lancer son activité de luthier. Votre choix déterminera en effet votre mode d’imposition ou encore votre couverture sociale. 

 

Trois formes ou régimes juridiques paraissent tout particulièrement adaptés à ce type de projet : 

  • La micro-entreprise (aussi appelée statut auto-entrepreneur)  

  • La société par actions simplifiée unipersonnelle (SASU)  

  • L’entreprise unipersonnelle à responsabilité limitée (EURL) 

 

La micro-entreprise 

Créer une micro-entreprise comporte les avantages suivants : 

  • Les formalités de création sont allégées pour les auto-entrepreneurs 

  • Aucun capital minimum n’est requis  

  • Les obligations comptables sont simplifiées 

  • Les cotisations sociales sont calculées sur le chiffre d’affaires réalisé 

 

Cependant, en tant qu’entrepreneur individuel, le micro-entrepreneur répond de ses dettes professionnelles sur l’ensemble de son patrimoine personnel en dehors de sa résidence principale. 

 

De plus, le chiffre d’affaires de l’auto-entrepreneur est soumis à un plafond :  

  • 72 600 € pour les artisans d’art, y compris les luthiers. En effet, le luthier effectue des prestations de service relevant des bénéfices industriels et commerciaux (BIC). 

 

Enfin, l’auto-entrepreneur (ou micro-entrepreneur) ne peut pas déduire ses frais de fonctionnement de son chiffre d’affaires (prix d’un local, achat d’outils de travail, etc.) : il paie donc des cotisations sociales dessus. 

 

Au regard de ses inconvénients, il peut être intéressant d’opter, dès la création de son atelier de lutherie, pour une société unipersonnelle comme une SASU ou une EURL.  

 

Les sociétés unipersonnelles  

La création d’une société unipersonnelle est une excellente option si vous souhaitez : 

  • Développer votre activité sans vous soucier d’une limitation éventuelle de votre chiffre d’affaires ; 

  • Protéger votre patrimoine personnel ; 

  • Ne pas payer de taxes sur vos frais de fonctionnement ; 

  • Employer, à moyen terme, des salariés ou bien vous associer. 

 

Vous hésitez entre SASU et EURL ? Quelques pistes pour vous guider :  

 

Régime social 

Le gérant de la SASU est assimilé salarié, ce qui signifie qu’il dispose d’une couverture sociale étendue (hors chômage). A contrario, le gérant de l’EURL est considéré comme un travailleur non salarié. Les charges sociales sont généralement plus élevées pour le dirigeant de SASU que pour le dirigeant d’EURL, mais le premier est généralement mieux protégé. 

Régime fiscal 

Les bénéfices d’une EURL sont par défaut imposés à l’Impôt sur le Revenu, tandis que les bénéfices d’une SASU sont par défaut imposés à l’impôt sur les sociétés. Il est cependant possible d’opter pour l’impôt sur les sociétés en EURL et d’opter pour l’impôt sur le revenu en SASU (pour une durée de cinq ans dans ce dernier cas).  

 

Pour en savoir plus, n’hésitez pas à vous reporter à notre comparatif entre EURL, SASU et auto-entreprise !  

 

Vous hésitez sur le choix du régime juridique de votre entreprise ? Alors, n’hésitez pas à contacter les experts de Simplitoo ou tester notre chatbot pour vous guider !  

 

Quels sont les autres points clés pour bien démarrer son activité ?  

 

Plusieurs démarches sont indispensables au lancement de votre activité de luthier.  

 

Réaliser une étude de marché 

 

Pour pouvoir bien vivre de son métier, il faut réaliser, avant de se lancer, une étude de marché.  

 

Répertoriez les professionnels dans le secteur où vous souhaitez vous installer en fonction de la zone géographique, et renseignez-vous sur le dynamisme du secteur d’enseignement de la musique là où vous projetez de vous installer. Cela vous permet de vérifier la faisabilité de votre projet, et éventuellement de nouer des contacts avec des écoles qui pourront vous adresser des clients ! 

 

Établir un business plan 

 

Une fois votre étude de marché réalisée, il peut être utile d’établir un prévisionnel de dépenses et recettes de votre future activité qui guidera vos premières années d’exercice professionnelles.  

 

Les banques peuvent vous le demander si vous sollicitez un prêt bancaire pour vous équiper. Vous ne savez pas comment vous y prendre ? Pas de panique ! Vous pouvez consulter notre article sur les 7 étapes pour un business plan réussi !    

 

Trouver son local professionnel 

Le métier de luthier requiert l’aménagement d’un local spécifique pour pouvoir installer le matériel nécessaire à la fabrication des instruments.  

 

Pour choisir votre local, veillez à sa conformité avec la loi relative à l’accessibilité des personnes handicapées. Votre local est, en effet, considéré comme un établissement recevant du public (ERP).  

 

Bon à savoir : pensez à assurer votre local professionnel 

Que vous exerciez à votre domicile ou dans un lieu extérieur, il est essentiel de souscrire une assurance pour vous prémunir en cas d’évènements accidentels. Cela est d’autant plus important que votre local contient du matériel de valeur.  

 

Développer sa clientèle 

Lorsqu’on lance son activité, le plus difficile est souvent de trouver ses premiers clients. Pour ce faire, vous pouvez par exemple rendre visite aux différentes formations musicales, orchestres amateurs, conservatoires et écoles de musique à proximité de votre futur lieu d’installation et présenter vos services. Les élèves, comme les enseignants, ont toutes les chances de devenir vos futurs clients ! 

 

Cela vous permettra de faire vos premières armes. Bien souvent, dans ce type de métier, le bouche-à-oreille fonctionne et vous permet de pérenniser votre activité. De plus, des clients satisfaits ne manqueront pas de revenir pour l’entretien régulier de leurs instruments.  

 

Prendre une assurance de responsabilité civile professionnelle (RC-Pro) 

Cela n’est pas obligatoire, mais vivement conseillé lorsque l’on se lance à son propre compte. La responsabilité civile professionnelle vous couvre pour les dommages éventuels causés aux tiers dans le cadre de votre activité. N’hésitez pas à comparer les offres, car les prix peuvent varier considérablement d’un assuré à l’autre.  

 

S’inscrire au répertoire des métiers  

Avant de démarrer votre activité, vous devez vous immatriculer au répertoire des métiers (RM) en tant que professionnel de l’artisanat. Cette immatriculation doit être réalisée auprès du centre de formalité des entreprises (CFE) de la chambre des métiers et de l’artisanat dont vous relevez.  

 

Cette démarche peut être effectuée : 

  • En ligne sur le service guichet entreprise 

  • En vous rendant directement dans le CFE compétent 

  • Par voie postale 

 

Vous devez envoyer votre demande d’immatriculation au plus tard un mois avant le début de votre activité de luthier.  

 

Adhérer à la Chambre syndicale de la facture Instrumentale (CSFI) 

Celle-ci regroupe les manufactures et les artisans qui fabriquent, réparent, distribuent et exportent des instruments de musique. Adhérer à cet organisme vous permet d’être au courant de l’actualité de la profession, notamment la réglementation, et vous donnera également des opportunités professionnelles, par exemple pour nouer des partenariats avec d’autres fabricants.  

 

Elle peut, en outre, vous servir à rencontrer d’autres professionnels du secteur et vous créer un réseau utile au développement de votre activité.  

 

Si vous souhaitez être épaulé dans la création de votre société, pensez Simplitoo ! Nous sommes là pour vous aider à accomplir les formalités de création de votre entreprise. Vous pouvez ainsi vous concentrer sur les autres démarches nécessaires à l’ouverture de votre atelier de lutherie en toute sérénité.  

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