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Comment devenir ostéopathe ?

13-05-2022
5 minutes

Si vous êtes sensible aux médecines douces et que vous souhaitez en faire votre métier, vous pouvez viser le domaine de l’ostéopathie ! Cette profession médicale se concentre sur la compréhension physique et psychologique du corps humain pour réparer les maux du quotidien comme des pathologies persistantes. Réglementations, formation, rémunération : on vous dit tout sur le métier d’ostéopathe !

L’ostéopathie, c’est quoi ? 

En tant qu’ostéopathe, vous êtes capable de soigner des traumatismes ou des dysfonctionnements chez vos patients. Comment ? En appuyant sur des zones du corps où des blocages se créent. Vous effectuez donc des massages thérapeutiques, en manipulant des zones douloureuses. Vous pouvez aussi agir sur des points de blocage avec des techniques précises, comme l’étirement ou le craquement. En bref, vous exercez dans les métiers du domaine paramédical ! 

Le saviez-vous ?

L’ostéopathie est une activité 100 % manuelle ! En tant qu’ostéopathe, vous utilisez uniquement vos mains pour soulager et/ou soigner vos patients, contrairement à d’autres métiers (kinésithérapeutes par exemple). 

 

Les pathologies prises en charge 

Les pathologies traitées sont la plupart du temps liées à la motricité du corps (entorses, tendinites, sciatiques, etc.). Les troubles pris en charge par l’ostéopathe sont plus précisément : 

  • musculo-squelettiques : crâne, épaules, dos, coudes, poignets et mains, rachis lombaire, bassin et hanches, genoux, chevilles et pieds, etc. 

  • viscéraux : ORL, poumons, cœur, sphère abdominale, sphère génitale, etc. 

  • liés au système nerveux : tachycardie, baisse de la tension artérielle, etc. 

  • psychiques, tels que l’anxiété, le stress ou les troubles du sommeil 

L’étendue des soins peut même s’étendre aux problèmes respiratoires, digestifs ou ORL

Vous aidez enfin à prévenir la survenance de troubles, en conseillant les patients sur les bonnes habitudes à prendre au cours de leur vie, pour leur santé sur le long terme. À ce titre, vous les conseillez, par exemple avec des activités gestuelles ou des postures à respecter pour suivre le chemin de la guérison ! 

Les interdictions de l’ostéopathe 

Attention, dans des cas spécifiques, l’ostéopathe se heurte à des interdictions formelles. Tel est le cas pour :  

  • Les manipulations de nourrissons de moins de 6 mois  

  • Les manipulations du rachis cervical (cou et nuque) sans certificat médical  

  • Les manipulations internes, comme des actes gynécologiques 

La prescription de médicaments ou de soins 

Information importante

Même si sa profession est réglementée, l’ostéopathe n’est pas un professionnel de santé au même titre que les médecins, infirmiers ou masseurs-kinésithérapeutes.

 

À quoi ressemble une consultation type ? 

Tout d’abord, vous accueillez la personne dans votre cabinet, à domicile ou dans un établissement de santé afin de dresser un bilan préalable. Vous devez connaître les raisons de la consultation, mais son état physiologique et psychologique général.

Pour cela, privilégiez :  

  • Un échange, voire un questionnaire médical (ou des fiches de renseignement), afin de prendre en compte les douleurs actuelles ou récurrentes, les habitudes de vie et les antécédents médicaux (allergies, traumatisme, blessures, opérations, etc.) de votre patient 

  • Une palpation du corps, pour détecter d’éventuelles anomalies 

  • Un examen visuel, statique et dynamique 

  • Des tests de mobilité articulaire et/ou des tissus 

Vous établissez donc des fiches aboutissant au diagnostic, pouvant être soit la prise en charge directe du patient, soit une orientation vers un autre professionnel de santé.

 

La rémunération de l’ostéopathe 

Selon le statut professionnel pour lequel vous optez (libéral, salarié, indépendant, etc.) et votre expérience, votre rémunération peut largement varier.

Si vous décidez de lancer votre propre activité en entreprise, il faudra tenir compte de :  

  • La zone géographique d’exercice, plus vous vous éloignez des grandes villes, plus la rémunération peut grimper  

  • Le type de population, plutôt âgée, sportive, etc. 

  • La densité de population, qui va déterminer la fréquence de patients potentiels 

  • L'expérience et la renommée dont vous pouvez jouir 

En fin de compte, on retient en général que les tarifs d’une consultation classique fluctuent entre 50 et 70 €, voire 90 € à Paris et en région parisienne. Si vous êtes ostéopathe débutant, votre revenu se rapprochera certainement du SMIC, avant d’augmenter au fil de l’expérience acquise. 

 

Les qualités pour devenir ostéopathe 

En tant que bon ostéopathe, vous devez avoir un sens du contact et de la communication développé. Ces qualités iront de pair avec votre empathie, indispensable dans la médecine pour comprendre correctement les problèmes de vos patients.  

Il s’agit d’un métier paramédical manuel, nécessitant minutie et précision au moment de réaliser les actes de soins. Durant vos prestations, veillez à être calme et patient, pour adapter au mieux vos connaissances médicales.

 

Ostéopathe, un métier réglementé 

En vous lançant dans l’ostéopathie, vous exercez une médecine alternative mais reconnue par l’État depuis 2002 et réglementée en France depuis 2007. Cela signifie que vous devez faire une école et détenir un diplôme pour exercer ! 

Comment obtenir votre Diplôme d’Ostéopathe (DO) ? 

La profession étant réglementée, vous devez obligatoirement suivre une formation dans une des écoles agréées pour vous lancer. Ces formations durent 5 ans (4 860 heures à suivre) et s’effectuent au sein d’établissements privés agréés par le ministère de la Santé.  

Bon à savoir

La dernière liste en date du 19 octobre 2021 recensait 22 établissements officiellement agréés par l’État (les écoles d’ostéopathie). 

 

Ainsi, le diplôme d’ostéopathe est ouvert aux : 

  • Bacheliers, ayant 17 ans au 31 décembre de l’année d’entrée en formation et avec votre BAC en poche ! 

  • Titulaires d’un diplôme de professionnel de santé, comme les infirmiers, les pédicures podologues, les sages femmes ou les masseurs kinésithérapeutes (sans forcément posséder un BAC) 

  • Étudiants justifiant d’une 1ère année scientifique en cours biologie ou en médecine 

Le saviez-vous ?

Si vous êtes doctorant universitaire en école de médecine, vous disposez d’une passerelle. En effet, des formations, comme un DU ou un DIU (Diplôme Universitaire et Diplôme Inter-Universitaire) de médecine manuelle - ostéopathie vous permet d’accéder à la profession. 

 

Quel est le contenu de la formation ? 

Concrètement, les écoles d’ostéopathie dispensent des cours de théorie dans les premières années d’études avec :  

  • Les sciences fondamentales, humaines et sociales  

  • Les fondements de l’ostéopathie et du paramédical 

  • L’étude des symptômes des altérations de l’état de santé (sémiologie) 

  • Des connaissances en droit et en gestion, dans le but de vous préparer si vous ouvrez votre propre cabinet 

Les dernières années de formation visent surtout à vous faire pratiquer un maximum tout le savoir emmagasiné. C’est la formation clinique pratique, ayant pour objectif de développer vos compétences, par exemple dans des cliniques.  

Pour finir, vous devrez valider 150 consultations entières pendant votre cursus pour développer votre pratique, en plus d’un mémoire de fin d’études.

 

Les obligations à respecter pour devenir ostéopathe 

Déclarer votre activité 

Dans tous les cas, vous devrez déclarer l’activité libérale dans les 8 jours suivant son commencement auprès du Centre de Formalités des Entreprises (CFE) compétent. Votre diplôme d’ostéopathe devra aussi être enregistré dans les ARS au sein du répertoire ADELI dans le mois suivant la prise de fonctions.

 

Exercer votre activité dans de bonnes conditions 

L’ostéopathe doit avoir des conditions favorables d’exercice, afin de garantir qualité et sécurité des soins et des actes. Vous devez ainsi vous soumettre aux exigences d’hygiène (corporelle, blouse de travail, drap d’examen, matériel à usage unique et régulièrement désinfecté, etc.). 

Si vous avez un cabinet privé, vous accueillez du public. Il faudra alors respecter les normes d’accessibilité des locaux, notamment pour les personnes en situation de handicap. 

Notez que des règles internes régissent également l’ostéopathie. À ce titre, veillez à vous suivre les règles d’éthique et de déontologie professionnelle. 

Bon à savoir

Un code de déontologie des ostéopathes est disponible sur le site de l’Association Française d’Ostéopathie. Néanmoins, le document met en place de simples recommandations, sans aucun caractère contraignant. 

 

Souscrire à une assurance RC Pro 

Enfin, n’oubliez pas de souscrire une assurance responsabilité civile professionnelle (RC Pro), démarche obligatoire pour l’ostéopathe. Elle couvrira les éventuels dommages causés à vos patients, tels qu’une faute de diagnostic ou une mauvaise manipulation. Un risque est vite arrivé ! 

Quelle forme d’entreprise choisir ? 

Les sociétés les plus répandues 

En tant qu’ostéopathe libéral, comme pour tout entrepreneur, vous êtes libre de choisir la forme juridique de votre entreprise. Les plus courantes sont : 

  • L’EURL (Entreprise Unipersonnelle à Responsabilité Limitée) si vous êtes seul ou la SARL (Société À Responsabilité Limitée) si vous êtes plusieurs associés. Vous avez ainsi à une structure clé-en-main et sécurisée, puisque ses règles de fonctionnement sont en partie déterminées par la loi. 

  • La SASU (Société par Actions Simplifiées Unipersonnelle) si vous êtes seul ou la SAS (Sociétés par Actions Simplifiées) à plusieurs. Vous bénéficiez alors d’une grande souplesse pour définir le fonctionnement de votre société, mais une rigueur juridique est de mise ! 

Pour en savoir plus sur les formes de sociétés : Les avantages et inconvénients de chaque statut 

Les sociétés spécifiques aux professions libérales 

Cependant, d’autres formes de sociétés s’offrent aux professions libérales :  

  • Une SELARL (Société d’Exercice Libéral À Responsabilité Limitée) ou une SELAS (Société d’Exercice Libéral à Action Simplifiée), idéales pour vous lancer avec des associés (d’autres professionnels de santé pour partager les charges par exemple) 

  • Une SCP (Société Civile Professionnelle), afin que l’imposition concerne directement les revenus des associés (et non les bénéfices de l’entreprise) 

  • Une EI (Entreprise Individuelle), si vous souhaitez commencer seul et bénéficier d’une comptabilité allégée 

Besoin d’aide pour choisir la forme la plus adaptée à vos besoins ? Les experts de Simplitoo sont à vos côtés pour vous guider vers le meilleur choix et vous accompagner dans l’ensemble des démarches !

 

Nos conseils pour vous lancer à votre compte 

Vous êtes fin prêt à devenir ostéopathe, mais vous demandez comment éviter les erreurs de débutant ? Voici nos astuces ! 

Associez-vous ! 

De nombreux ostéopathes choisissent, du moins à leurs débuts, de s’associer à des confrères pour partager les frais d’installation. Cette démarche favorise votre attractivité, puisque la patientèle est renvoyée vers votre cabinet. En effet, l’ostéopathe est souvent amené à collaborer avec d’autres métiers, dont le médecin traitant, par exemple via des ordonnances médicales.  

Pour aller plus loin : Comment trouver un associé pour mon entreprise ? 
 

Tentez le remplacement 

Vous pouvez aussi occuper le poste de remplaçant dans un cabinet pour faire vos armes ! Il suffira juste de reverser une partie de vos honoraires à l’ostéopathe titulaire. Notez que les cabinets où vous effectuez des stages gardent régulièrement les jeunes ostéopathes pour des remplacements. 

Dans le même esprit, vous pouvez envisager d’être externe dans un établissement de santé, comme une clinique privée, un hôpital ou une maison de retraite. Sans en être salarié, ces organismes peuvent faire appel à vos services ponctuellement.  

Ostéopathe, et après ? 

Une fois que vous avez acquis une solide expérience dans le domaine, il est possible de vous tourner vers la formation. Les entreprises sont de plus en plus intéressées par des conseils pour améliorer le bien-être de leurs employés. Vous pouvez aussi devenir formateur en école et intervenir auprès des étudiants, dans un des établissements agréés par le ministère.  

Si vous souhaitez développer votre activité, vous pouvez passer des modules pour vous spécialiser, par exemple comme ostéopathe du sport ou ostéopathe équin. Par exemple, vous pouvez accomplir des stages auprès d’un ostéopathe animalier, spécialistes des animaux.

Enfin, vous pouvez intégrer un bureau d’études, comme dans la recherche fondamentale en biomécanique ou en ergonomie. 

 

Vous savez désormais tout sur les spécificités de l’ostéopathe ! Un métier réglementé mais passionnant, tourné vers la compréhension et l’aide d’autrui. Diplôme en poche, vous voulez lancer votre entreprise mais vous êtes perdu sur la méthode à suivre ? Les équipes de Simplitoo sont à vos côtés pour vous guider dans la création de votre activité de A à Z !

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