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Comment ouvrir son barbershop ?

18-09-2020
5 minutes

Vous êtes un pro du peigne et des ciseaux, mais les formalités administratives vous paraissent barbantes ? Comment créer votre clientèle ? On vous dit tout !

Barbier : les infos clefs 

  • Le centre de formalités des entreprises : la Chambre des métiers et de l’artisanat (CMA) 

  • Le code APE est généralement : 9602A 

  • La rémunération moyenne est de 10,50 € / heure 

 

Être barbier qu’est-ce que c’est ?  

Le barbier est un coiffeur qui s’occupe de l’entretien de la chevelure et de la barbe des hommes. Il va alors tailler, couper, raser les cheveux et poils en harmonie avec le visage du client. Le barbier n’est donc pas un simple coiffeur, il est aussi visagiste !  

Le barbershop est un salon de coiffure pour hommes. En plus de s’y faire tailler la barbe et couper les cheveux, les clients peuvent s'y procurer tous les ustensiles et produits nécessaires à l’entretien de leur pilosité. Pour le barbier, c’est une source de revenus supplémentaires et pour le client, il peut continuer à utiliser les mêmes produits chez lui. Ouvrir un barbershop c’est également s’occuper des aspects administratifs, de la gestion du personnel (recrutement, formation...), des stocks, du carnet de rdv... Bref, il faut avoir en plus une âme de leader ! 

Le public qui fréquente ces salons est généralement constitué d’hommes soignés, qui font attention à leur apparence. Ils iront chez vous pour la qualité de votre coup de ciseau, mais aussi pour passer un moment privilégié. Un bon barbier possède aussi des qualités relationnelles. 

Pour ouvrir un barbershop, deux options s’offrent à vous : lancer votre propre salon ou passer par la franchise. On vous en explique les avantages et inconvénients dans la suite de cet article. 

Le saviez-vous ?

La barbe est devenue tellement tendance que le règlement intérieur de la Police en autorise le port depuis 2018 ! 

Qui peut se lancer pour ouvrir son barbershop ? 

La profession de barbier étant encadrée, vous devez être diplômé de l'une des formations suivantes pour ouvrir votre propre salon : 

  • Un brevet professionnel de coiffure (BP) qui assure des connaissances en gestion pour ouvrir un salon 

  • Un brevet de maîtrise de coiffure (BM) qui certifie de compétences pour créer et/ou gérer plusieurs salons  

  • Un diplôme ou titre équivalent ou supérieur homologué au répertoire national des certifications professionnelles (RNCP), qui prouve que vous pouvez gérer un salon (mais pas forcément coiffer), sans avoir nécessairement obtenu un diplôme spécialisé en coiffure. 

Un CAP de coiffure seul ne suffit pas pour ouvrir un barbershop car ce diplôme ne vous prépare pas à la gestion d'un salon. Cependant, il reste possible d’ouvrir son salon si vous justifiez d’une expérience professionnelle d’au moins 3 ans dans le secteur auprès de la Chambre des Métiers et de l’Artisanat (CMA). Vous devrez alors demander une attestation de qualification professionnelle qui vous permettra alors de lancer votre barbershop.  

Bon à savoir

Vous n’avez aucun de ces brevets, mais souhaitez tout de même ouvrir un barbershop ? C’est possible à la condition que l’un de vos salariés ou que votre conjoint (alors collaborateur) soit titulaire de l’un de ces diplômes. 

Inconvénient : une perte d’autonomie pour l’entrepreneur (vous) car celui qui aura le contrôle permanent du barbershop sera votre conjoint ou votre salarié.

Toutefois, posséder les bons diplômes ou l’expérience suffisante ne vous suffira pas : des étapes supplémentaires restent à réaliser. 

 

Mais concrètement, comment se lancer ? 

Les formalités administratives : une étape pas si rasoir !

Les formalités administratives se divisent en plusieurs phases :  

  • L'immatriculation de votre société auprès du répertoire des métiers de la Chambre de Métiers et de l’Artisanat (CMA) 

  • La publication de la création de votre société au Journal d’annonces légales 

  • Déposer votre dossier au Centre de formalités des entreprises (CFE) 

Information importante

 Pour créer une société, il vous faudra également ouvrir un compte bancaire dédié (c’est là que vous lui verserez son capital social).

S’immatriculer, oui, mais où ?  

La coiffure est une activité artisanale, par conséquent vous devrez immatriculer (c’est-à-dire enregistrer) votre barbershop au répertoire des métiers de la CMA de votre département.  

Vous débutez à votre compte ? La CMA peut alors vous proposer un « stage préalable d’installation » (SPI). Sa durée est de 30 heures et vous serez alors formé à la gestion comptable, fiscale et sociale de votre entreprise. Les prix diffèrent en fonction des CMA. Il vous faudra par exemple compter 260 € avec la CMA Provence-Alpes-Côte d’Azur. 

Bon à savoir

Si à côté de vos prestations de coiffure vous proposez la vente de produits capillaires ou d’entretien pour la barbe et la moustache, alors votre activité ne sera plus une simple activité artisanale, mais une activité artisanale et commerciale. Il faudra donc déposer votre dossier au greffe du Tribunal de commerce (en plus du dépôt à la CMA).

Votre établissement accueille du public : il y a donc des règles! 

Un salon de barbier est considéré comme un Établissement Recevant du Public (ERP). Ainsi vous devez vous conformer à un certain nombre de règles : 

  • Normes de sécurité (détecteur de fumée, extincteurs...) 

  • Normes d’accessibilité aux personnes handicapées (rampes, sanitaires adaptés...) 

  • Normes d’hygiène  

  • Affichage obligatoire des prix des prestations à l’extérieur et à l’intérieur du salon 

  • Cotisation à la SACEM (Société des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique) si vous diffusez de la musique hors radio 

Information importante

Pendant la période de Covid-19, le Ministère du travail a adopté des mesures d’hygiène spécifiques pour lutter contre la pandémie sous forme d’une fiche sanitaire, consultable directement en ligne. 

La feuille de route de votre projet : le Business plan 

Un projet entrepreneurial exige que vous vous renseigniez avant de vous lancer ! En effet, il est important d’analyser le réalisme de vos ambitions. 

Le business plan est la feuille de route de votre projet de barbershop ! Il réunit l’étude de marché, le concept que vous voulez développer, le budget dont vous aurez besoin pour l’ouverture de votre salon, le coût du local, les investissements matériels pour l’activité de barbier (blaireau, rasoir, fauteuils...) mais aussi, le choix de la forme juridique, les implications fiscales et administratives ainsi que vos prévisions financières.  

Le business plan a plusieurs fonctions :  

  • Présenter votre projet à un établissement de crédit ou à vos futurs investisseurs 

  • S'assurer de la viabilité financière de votre salon  

  • Établir une prévision de développement de votre activité 

  • Définir une stratégie de lancement et de communication pour trouver vos clients 

 

Il est aussi conseillé de compléter votre business plan par une étude de marché. Celle-ci consiste à examiner la concurrence dans la zone où vous envisagez d’installer votre barbershop. Vous avez calculé que dans un rayon de 3 Km il y a plus de 30 barbiers ? Il faudrait alors peut-être trouver un endroit avec moins de concurrents immédiats ou bien vous démarquer en proposant des services ou des produits originaux ou innovants. 

De plus, cette analyse vous permettra d’évaluer le nombre et le style des clients que vous pourriez toucher. En vous renseignant sur l’âge moyen des habitants du quartier, leurs revenus et leurs habitudes de consommation, vous obtiendrez un portrait-robot de votre probable future clientèle et pourrez alors vous y adapter... pour la cibler au mieux ! À moins de choisir de vous lancer dans un marché de niche, auquel cas vous devrez viser une clientèle plus large que celle des environs de votre salon. 

Élément clef pour convaincre vos partenaires financiers, votre business plan doit être pertinent, persuasif et donner envie d’investir dans votre entreprise ! 

Pour tout savoir sur la rédaction du business plan Business plan : 7 étapes pour le réussir.   

Bon à savoir

Vous pouvez tout à fait solliciter des organismes autres que des banques et des établissements de crédit pour le financement de votre salon. Des solutions alternatives sont possibles, comme les plateformes de crowdfunding. Si votre projet est original, ou si vous avez un réseau de proches important, ces plateformes alternatives pourront vous donner un sérieux coup de pouce... et même vous apporter vos premiers clients ! 

Quelle est la forme de société adaptée à l’ouverture d’un barbershop ? 

Le statut juridique de votre société est un choix indispensable qui conditionnera son organisation. Entreprise individuelle ? SASU ? SARL ? Ces acronymes vous paraissent flous ? Suivez le guide ! 

La première question à se poser est de savoir si vous désirez entreprendre seul ou à plusieurs. Il existe en effet des statuts juridiques spécialement adaptés aux projets en solo, et d'autres pour les sociétés créées à plusieurs.  

En solo :  

  •  L'entreprise individuelle : les formalités sont peu contraignantes : pas besoin de rédiger des statuts, d'effectuer un apport financier particulier, ou de publier au journal des annonces légales. Mais attention, le patrimoine professionnel de votre entreprise se confond avec votre patrimoine personnel. En cas de problème ou de faillite : les créanciers pourront très bien se servir dans vos biens privés pour obtenir le paiement de leurs créances. C'est donc un choix très risqué pour ouvrir un barbershop

  • La SASU (Société par Actions Simplifiée Unipersonnelle ) et l’EURL (Entreprise Unipersonnelle à Responsabilité Limitée) font une différence entre l’entrepreneur et son entreprise. Plus sûres, car votre patrimoine personnel est protégé, mais plus contraignantes : vous devrez respecter les formalités de création d’une société (rédaction des statuts, immatriculation auprès du greffe du Tribunal de commerce, publication de l’annonce légale).  

En groupe :  

  •  SAS (Société par Actions Simplifiée) : les formalités d’installation sont similaires à la SASU et l’EURL (statuts, immatriculation, annonce légale) mais vous pouvez accueillir un nombre illimité d’associés, et ce, tout au long de la vie de la société. Par ailleurs, la transmission ou la vente de vos parts dans la société est libre, c’est-à-dire qu’elle ne nécessite pas l’accord des autres associés (à l'inverse en SARL, l’accord des autres associés est requis).  Ce statut est particulièrement adapté à des projets ambitieux. 

  • SARL (Société À Responsabilité Limitée) : les formalités de création sont les mêmes que pour la SAS, mais vous ne pourrez pas dépasser 100 associés. Par ailleurs, votre responsabilité est limitée au montant des apports que vous avez réalisés dans la société. Si votre conjoint vous aide dans l’exploitation de votre barbershop, il pourra alors bénéficier du statut de conjoint collaborateur (ce qui n’est pas possible en SAS).  Les statuts d’une SARL sont également plus encadrés que pour une SAS, ce qui permet de se lancer plus simplement. Cette forme de société est souvent mieux adaptée à des projets familiaux (ou entre proches). 

Vous souhaitez en savoir plus sur les étapes de création d’une société ? Consultez notre guide sur les 6 étapes pour  créer son entreprise

 

Intégrer un réseau de franchise ou créer son propre salon ?  

Qu'est-ce qu’une franchise ? C'est un contrat de collaboration entre, d’une part, une société (le franchiseur) qui a créé sa marque, et d’autre part, une autre société (le franchisé) qui commercialise les produits ou services selon le concept du franchiseur. En contrepartie, les franchisés respectent les règles imposées par le franchiseur et s’acquittent d’un droit d’entrée et de redevances. McDonald’s est un exemple de franchise bien connu ! 

En France, il existe plusieurs réseaux de franchises pour les barbershops comme : Barber Men, Hairgum Barbershop, ou encore Grommer.s barbershop.  

Intégrer un réseau de franchise présente des avantages et des inconvénients. Il est important de se poser les bonnes questions, afin d'effectuer votre choix avec discernement. 

Avantages de la franchise :  

  • Un concept clef en main : une image de marque qui rassure et fidélise la clientèle, un site internet déjà existant, l’animation des réseaux sociaux, etc. 

  • Une formation au métier de barbier parfois comprise 

  • Aide à l’aménagement de votre local (sélection du mobilier, astuces aménagement, etc.) 

  • Des produits de beauté développés par la marque 

 

Inconvénients de la franchise : 

  • Perte d’indépendance : c’est la franchise qui détermine la stratégie commerciale et de communication 

  • Droit d’entrée pour être franchisé, ces droits peuvent s’élever à plusieurs milliers d’euros et apports personnels parfois importants à fournir  

  • Redevances régulières à payer sur votre chiffre d’affaires 

  • Les tarifs pratiqués et les produits utilisés sont prédéfinis et imposés 

Préférez-vous une formule clef en main avec peu de marge de manœuvre ? Ou bien votre propre concept avec les risques que cela implique tout en jouissant d’une grande liberté ? C'est à vous de décider ! 

 

Comment trouver et développer sa clientèle ? 

La clientèle d’un barbier est souvent jeune, connectée, active sur les réseaux sociaux. C'est pourquoi il vous sera indispensable d’être présent sur la toile ! Pour lancer une communauté, fidéliser et attirer de nouveaux clients, il est recommandé de créer et alimenter une page web ainsi que des comptes sur les réseaux sociaux. 

Heureusement pour vous, la nature fait bien les choses : les poils repoussent ! Pensez donc à créer une carte de fidélité afin d’inciter vos clients à revenir chez vous. 

 

Si vous avez des doutes quant au choix de la forme juridique la plus adaptée à votre projet, sachez que vous n’êtes pas seul et pouvez compter sur notre équipe pour vous accompagner dans la création de votre barbershop ! 

 

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