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Devenir photographe indépendant : le guide complet

10-06-2022
5 minutes

Vous souhaitez faire de votre passion un métier ? Pour devenir photographe freelance, de larges possibilités s’offrent à vous : presse, mode, nature morte, événementiel, corporate... Mais comment se lancer dans cet univers particulièrement concurrentiel ? Choix du meilleur statut, spécialisation, formations possibles et rémunération : on vous dit tout ce qu’il faut savoir pour devenir photographe à son compte !

Photographe : artiste ou artisan ? 

Avant de vous lancer à corps perdu dans l’aventure, vous devez d’abord déterminer le statut qui convient le mieux à votre activité. Il en existe trois :  

  • Le photographe de presse, plus communément appelé photojournaliste. Il est de fait un pigiste, ce qui lui confère le statut de salarié. 

  • Le photographe auteur, considéré comme un artiste à part entière. 

  • Le photographe-artisan, qui réalise des clichés dits « commerciaux ». 

En pratique, la différence entre les deux dernières spécialisations n’est pas évidente au premier coup d’œil. En effet, un photographe de mariage peut parfaitement estimer que son travail, qui est pourtant une prestation de services à caractère commercial, est néanmoins le fruit d’un travail d’auteur avec des choix artistiques réels.  

Bon à savoir

Vous pouvez parfaitement cumuler les trois statuts de photographe entre eux en fonction des commandes, des clients et de vos activités. Mais pour devenir photographe freelance sous plusieurs statuts, vous devez respecter des règles et des obligations administratives différentes.  

Le photographe-auteur 

Qu’est-ce qu’un artiste-auteur ? 

Comme son nom, le photographe-auteur est un artiste-auteur. Vous êtes dans ce cas si :  

  • Vous cédez les droits d’utilisation ou de reproduction 

  • Vous vendez des tirages uniques (numérotés et signés), à hauteur de 30 images maximum pour chaque œuvre : ce sont des créations originales 

Le photographe artiste-auteur possède théoriquement une liberté totale dans son travail car seule sa créativité guide ses prises de vue. C’est en effet la condition sine qua none aux yeux de la loi pour réaliser ce que l’on appelle une œuvre originale. En clair, la photo doit refléter votre « patte » à travers sa composition, son cadrage voire son editing final. Autrement dit, vous êtes exempt d’un cahier des charges ou de directives précises : un entrepreneur totalement indépendant !  

Quels sont les interlocuteurs administratifs de l’artiste-auteur ? 

D'un point de vue administratif, vous relevez du régime spécifique des artistes-auteurs.  

Pour vos formalités, notamment créer, modifier ou cesser votre activité, c’est l’URSSAF de votre domicile qui sera le CFE (Centre de Formalités des Entreprises) compétent. Il vous délivrera vos numéros d’identification personnels : numéro SIRET, SIREN ou encore code APE (90.03B pour votre activité). Ces identifiants sont essentiels pour devenir photographe freelance (en tant qu’entrepreneur ou micro-entrepreneur). 

En revanche, pour les formalités de gestion courante de votre entreprise, comme vos déclarations de chiffre d’affaires et le paiement de vos cotisations sociales, l’URSSAF Limousin sera votre interlocuteur unique. 

Une fois vos cotisations sociales payées à l’URSSAF c’est l'AGESSA (et non pas la Maison des Artistes) qui s’occupe de recouvrer votre protection sociale. Bonne nouvelle, l'AGESSA est désormais rattachée au régime général de la sécurité sociale : vous bénéficiez donc d'une protection sociale similaire à celle d’un salarié, sauf pour la couverture en cas d’arrêt de travail ou de maladie professionnelle ainsi que le chômage. 

Bon à savoir

En tant qu’artiste-auteur, vous effectuez des activités non commerciales. Vous êtes donc imposé au titre des BNC (Bénéfices Non Commerciaux) pour le paiement de votre impôt sur le revenu. 

Le photographe-artisan 

Si vous êtes photographe-artisan, la dimension artistique de votre travail est moins présente. Le cœur de votre activité consiste à vendre des clichés, aussi bien à des organismes publics (collectivités, communes, etc.) que privés (associations, entreprises, etc.) voire à des particuliers (mariages, portraits de famille, etc.). Vous êtes donc un artisan indépendant, entrepreneur, réalisant des prestations de services artisanales certes, mais avec un but commercial. 

Concrètement, vous accomplissez vos missions lors d’occasions ou d’événements divers, sur demande (commande) de vos clients, comme :  

  • Des mariages  

  • Des photos de classe 

  • Des portraits pour particuliers 

  • Des fêtes, par exemple des anniversaires 

  • Des photographies pour des banques d’images en ligne 

  • Des événements ou commandes d’entreprise (par exemple une photo de chaque employé) 

Pour ce statut particulier, les photographes-artisans peuvent facilement opter pour l’auto-entreprise. Vous créez donc une micro-entreprise comme photographe freelance. Mais si votre chiffre d’affaires décolle et que vous commencez à avoir de nombreux frais, il peut être intéressant d’évoluer vers un autre statut juridique comme la SASU ou l’EURL. 
 
En tant qu’artisan, votre CFE de référence sera la CMA (Chambre de Métiers et de l’Artisanat) de votre lieu de résidence. 

Bon à savoir

En tant que photographe-artisan, les bénéfices que vous réalisez sont imposés au titre des BIC (Bénéfices Industriels et Commerciaux). 

Pour en savoir plus : BIC ou BNC, quelles différences ?

Photographe professionnel : quelles qualités ? 

Que vous soyez artiste ou photographe-artisan, votre sens de l’esthétique est votre première qualité. 

Néanmoins, un photographe aguerri possède d’autres qualités que ses seules compétences artistiques. Le savoir-faire technique est souvent incontournable pour produire un travail de qualité, reconnu par vos clients.

Vous devez : 

  • Utiliser l’appareil (ou le boîtier) qui répond le mieux à vos besoins : hybride, plein format, chambre photographique, etc. 

  • Choisir l’objectif (optique) adéquate : télézooms pour la nature morte ou le sport, grands angles pour des reportages voire objectifs à bascule et décentrement pour la photo d’architecture 

  • Posséder de solides compétences en editing et en retouche photo, la plupart du temps sur Lightroom et Photoshop. 

  • Gérer tous les paramètres de votre boitier photo, du temps de pause à la profondeur de champ en passant par les paramètres de mise au point manuelle ou automatique 

  • Choisir les bons accessoires en fonction des missions : flash cobra, lumière continue, fonds papier, trépied, etc. 

Même si vous êtes photographe avant tout, vous êtes aussi un chef d’entreprise. Ne lésinez pas sur ces qualités ! Ainsi, vous devez avoir de bonnes compétences organisationnelles (gérer votre emploi du temps, vos dépenses, vos investissements, faire un business plan...), mais aussi maîtriser votre marketing ou votre stratégie de communication pour faire connaître votre travail, trouver des clients et potentiellement les fidéliser. Un savoir juridique est aussi intéressant, par exemple pour faire un contrat de prestation. Envie de vous améliorer dans ces domaines ?

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Photographe : quelle formation ? 

Aucun diplôme n’est requis pour vous lancer comme photographe indépendant. Vous pouvez très bien vous lancer après avoir développé vos connaissances en autodidacte. 

Cependant, même si le photographe professionnel peut débuter sans diplôme, une formation solide peut vous permettre de gagner en savoir, en technique et donc en qualité !

Plusieurs cursus sont accessibles pour se lancer en indépendant, quel que soit votre niveau d’études :  

  • Baccalauréat professionnel photographie 

  • BTM photographe (Brevet Technique des Métiers, niveau baccalauréat) 

  • BTS photographie (Brevet de Technicien Supérieur, niveau Bac + 2) 

  • Bachelor spécialisé à l’école des Gobelins – option effet, photographe et vidéaste 

  • Bachelor spécialisé à l’école de Condé - photographie et images animées 

  • DNSEP - option art, design ou communication (Diplôme National Supérieur d’Expression Plastique) 

  • Master photographie (École Nationale Supérieure de la Photographie Arles ou l’ENS Louis Lumière à Saint-Denis) 

Le saviez-vous ?

Des formations dans d’autres domaines, comme les arts graphiques, l’audiovisuel ou le journalisme permettent de vous former à la photographie. On peut par exemple citer le BTS métiers de l’audiovisuel (option métier de l’image), les ESA (Écoles Supérieures d’Art) ou l’EMI (École des Métiers de l’Information) pour devenir photographe indépendant ! 

 

La rémunération du photographe indépendant 

À partir de quels éléments fixer ses prix ? 

Lorsque vous êtes freelance, en auto-entreprise, en société ou avec le statut d’auteur, vos revenus dépendent de nombreux facteurs, comme :  

  • L’implantation géographique. Un photographe à Paris peut proposer des tarifs plus élevés (mais la concurrence est plus forte). 

  • Le temps passé sur place, par exemple si vous intervenez sur un week-end entier  

  • Le temps passé en post-production, notamment pour la retouche et l’editing 

  • Le coût du matériel, ainsi que l’amortissement de ces outils 

  • Vos compétences et votre réputation 

Pour en savoir plus sur la méthode pour fixer vos prix : Comment fixer un prix de vente ? 

En général, votre rémunération de photographe indépendant peut provenir de 3 sources :  

  • Le paiement de vos prestations, directement par vos clients 

  • Les revenus découlant de cessions de droits, notamment pour l’utilisation, la reproduction ou la représentation 

  • La facturation des frais de production (avec marge), si vous effectuez le tirage des photos, l’impression, etc. 

Exemples de rémunérations 

En pratique, les photographes de mariage facturent entre 1 500 et 4 500 € la prestation selon les options (photos de couple, préparatifs inclus, nombre de photos livrées, etc.). Si vous êtes également accompagné d’un vidéaste ou proposez des dispositifs spécifiques comme un studio mobile, les prix peuvent vite grimper. 

Pour des séances de portraits, vous pouvez utiliser une formule « pack ». En général, les tarifs tournent entre 100 et 300 € selon le nombre de clichés livrés ou encore le lieu de la séance (studio ou à domicile). Vous pouvez également proposer des tarifs sur-mesure, selon les besoins spécifiques de vos clients. 

Zoom sur : quelle forme d’entreprise choisir pour devenir photographe-auteur ?

Pour devenir photographe artisan freelance, vous pouvez opter pour la création de n’importe quel type d’entreprise. Néanmoins, votre choix sera guidé par le type d’activité exercé, vos objectifs et vos ambitions.  

En tant que photographe artisan, vous pouvez devenir auto-entrepreneur avec le statut juridique de la micro-entreprise, si vous exercez votre activité à des fins commerciales (vente aux particuliers, etc.). Cependant, le régime d’auto-entrepreneur est soumis à un chiffre d’affaires maximal : il est possible de le dépasser rapidement si votre activité a du succès ! Même chose pour la TVA, si vous dépassez les plafonds prévus, vous devrez alors vous en acquitter. 

Dans ce cas de figure, le choix d’une société devient alors intéressant pour certains photographes. Par exemple, une société vous permet de déclarer le montant réel de vos charges. Il s’agit des frais, comme le coût des déplacements professionnels (logement, véhicule, etc.), du matériel ou les assurances spécifiques pour votre activité. En micro-entreprise, le montant réel est remplacé par une estimation forfaitaire (que l’on appelle l’abattement forfaitaire) fixée à 50 % de votre chiffre d’affaires. 

En créant une société pour votre activité professionnelle, vous êtes également assuré qu’aucun plafond de chiffre d’affaires ne vous sera imposé ! Une situation idéale si vous envisagez un développement rapide ou si vous envisagez de vous étendre, par exemple en créant un studio et en embauchant des salariés. 

L’autre avantage de la création d’une société est la possibilité de choisir son régime d’imposition. En principe, chaque forme de société est soumise soit à l’impôt sur le revenu (IR), soit à l’impôt sur les sociétés (IS). Cependant, au moment de la création et sous conditions, vous pouvez opter pour le régime fiscal que vous souhaitez. 

Plusieurs formes d’entreprises sont adaptées au métier de photographe professionnel comme la SASU, la SAS, l’EURL ou la SARL. 

Besoin d’y voir plus clair ? Les équipes de Simplitoo vous guident vers la meilleure forme juridique de société à choisir selon votre projet et vos besoins ! En plus de cela, vous bénéficiez d'un accompagnement complet dans vos démarches administratives, par exemple la réalisation d’un contrat avec votre client. 

Les droits et obligations du photographe 

La réglementation du métier 

Votre activité de photographe professionnel sous-entend un contact permanent avec le public. Vous ne pouvez pas prendre n’importe qui en photo dans n’importe quelle circonstance. Ainsi, même si vous bénéficiez d’une liberté d’expression et d’information dans votre travail, vous devez respecter :  

  • Le droit à l’image, autrement dit vous devez obtenir le consentement de la personne photographiée (sauf exception comme pour des personnalités publiques ou pendant un événement public) 

  • Le droit de propriété intellectuelle, notamment en respectant le droit d’auteur d’autres artistes (architectes, peintres, sculpteurs, etc.) 

Information importante

Même si la souscription à une assurance demeure facultative, il peut s’avérer judicieux de souscrire un contrat d’assurance multirisques professionnelle. En effet, le prix de votre matériel justifie à lui seul de vous couvrir en cas d’accidents (incendie, vol, etc.). 

 

Les droits du photographe 

Quel que soit votre statut (artisan, artiste-auteur ou journaliste), les photographies sont considérées comme des « œuvres de l’esprit ». En d’autres termes, il s’agit d’une création originale et unique. Vos clichés bénéficient alors d’une protection de principe grâce aux droits d’auteur. En tant qu’auteur, voici vos droits :  

  • Autoriser ou interdire l’usage des photos  

  • Mentionner votre nom (ou signature) sur ou bien à côté des clichés utilisés 

  • Céder ou non le droit de représentation des photos, c’est-à-dire leur utilisation par un tiers 

  • Céder ou non le droit de reproduction des photos 

Bon à savoir

Les droits de reproduction et de représentation sont des « droits patrimoniaux ». Autrement dit, ils existent pendant toute la vie de l’auteur et jusqu’à 70 ans après sa mort. Au-delà de ce délai, ils relèvent du domaine public et n’importe qui peut en faire usage ! 

  

Bonus : nos conseils pour réussir ! 

Prévoyez vos charges professionnelles 

Les dépenses pour vous lancer comme photographe peuvent vite grimper ! Il faudra compter en moyenne 3 000 € pour un matériel basique. Le coût peut même dépasser la dizaine de milliers d’euros pour des équipements sophistiqués. À ce titre, faire un business plan peut être une bonne idée ! 

Pour en savoir plus : Business plan : 7 étapes pour le réussir 

Spécialisez-vous dans un domaine précis ! 

Après avoir choisi le type de clichés que vous réalisez (mariage, sport, entreprise, musique, etc.), vous pouvez devenir expert dans un domaine précis. Par exemple, vous spécialiser dans les mariages ethniques, la photographie de mode body-positive ou encore les événements d’entreprises de consulting. Autre idée, développer un univers très personnel, reconnaissable face à vos concurrents. 

Soignez votre communication ! 

Une image vaut souvent mille mots ! Veillez à vous doter d’un site internet soigné, sur lequel vous exposez vos plus beaux clichés. Cette vitrine en ligne vous permet aussi d’afficher vos tarifs, vos prestations ou même les avis d’anciens clients !  

Les réseaux sociaux, notamment Pinterest ou Instagram, vous aideront à diffuser votre travail. Ce sont aussi des outils de contact direct avec le public et un bon moyen de faire parler de vous.  

 

Vous en savez désormais plus sur les spécificités du métier de photographe indépendant ! Vous l’aurez compris, il est tout à fait possible de se lancer comme photographe freelance librement, même si des connaissances voire une formation demeurent importantes ! Attention à aussi respecter les droits d’autrui, comme leur droit à l’image et à la vie privée. Si vous pensez que la société est idéale pour débuter votre activité de photographe, Simplitoo est à vos côtés ! Nos experts vous aident à sélectionner la structure la plus adaptée à votre projet. 

 

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