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Devenir plombier indépendant

16-05-2021
3 minutes

Avec votre minutie, vos capacités d’analyse et votre sens pratique, le métier de plombier semble fait pour vous ! Désormais, vous souhaitez franchir une nouvelle étape et prendre enfin vos propres décisions : vous projetez de vous installer à votre compte. Préparation du projet, étapes indispensables, structure juridique... On vous donne tous les tuyaux !

Les missions du plombier indépendant 

Avant de vous lancer, il est nécessaire de vous interroger : devenir plombier indépendant vous conviendra-t-il ? Selon les demandes, vous serez en effet amené à effectuer diverses tâches : 

  • Services de dépannage en plomberie (ex. pose de tuyaux, fuite d’eau) 

  • Conception du réseau domestique dans le cadre d’une rénovation ou de la construction d’une maison ou immeuble 

  • Installation d’appareil de distribution des eaux et contrôle de leur bon fonctionnement (ex. robinetterie) 

  • Et éventuellement des tâches qui relèvent de votre spécialisation (ex. installation d’équipements thermiques) 

Vous êtes donc un véritable artisan ! Vous pouvez de même exercer dans des cercles variés (particuliers, entreprises, administrations). En tant qu’indépendant, vous aurez aussi pour mission d’administrer votre entreprise voire même de gérer vos éventuels employés.

Le saviez-vous ?

La profession de plombier fait partie des métiers du BTP (Secteur économique du bâtiment et des travaux publics), au même titre que les électriciens ou les peintres en bâtiment

Gagner sa vie en tant qu’indépendant 

En 2021, la rémunération mensuelle d’un plombier indépendant débute à 1300 € net / mois et peut grimper jusqu’à 3 500 € net / mois (voire plus) en fin de carrière. Votre « salaire » dépend bien entendu de votre expérience, de votre clientèle et de vos tarifs.

Calculer et fixer ses prix ne se fait pas au hasard : ils varient selon vos horaires, le prix de votre assurance, vos frais de fourniture et matériel ainsi que vos charges sociales. Une solution stratégique est de facturer au forfait en fonction du service (par exemple pour un remplacement de chauffe-eau).

Bon à savoir

Vous souhaitez vous former à la gestion de votre entreprise ? Le Stage de Préparation à l’Installation est une formation de 5 jours organisée par la Chambre des Métiers et de l’Artisanat (CMA). Elle est devenue facultative depuis 2019. 

Les prérequis pour se lancer 

Devenir plombier entraîne une responsabilité : un savoir-faire précis est fondamental pour effectuer des prestations sécurisées et qualitatives (lecture de plans, matériaux, normes sanitaires et de sécurité, maniement d’outils, etc.). Pour ces raisons, la profession est dite « réglementée ».

Ainsi, il est indispensable d’acquérir la qualification professionnelle correspondante. Il peut s’agir : 

  • Soit de l’un des diplômes ou formations suivants : 

o   CAP Installateur Sanitaire 

o   Brevet d’ Études Professionnelles (BEP) Techniques des installations sanitaires et thermiques 

o   Brevet de Technicien Supérieur (BTS) Fluides, Énergies, Environnements 

o   Certificat de Qualification Professionnelle Technicien d’études et de chantier 

o   Titre Professionnel Installateur en thermique et sanitaire

  • Soit de la justification d’une expérience professionnelle d’au moins 3 ans en tant que plombier

Vous ne remplissez pas ces conditions ? Vous pouvez dans ce cas vous associer avec un plombier qualifié pour ouvrir votre entreprise. En effet, si vous vous lancez à plusieurs, au minimum un des associés doit détenir une formation. 

En plus de compétences techniques, gardez en tête que des qualités humaines sont grandement appréciées pour entretenir de bonnes relations avec vos clients. Enfin, un esprit logique, d’initiative et une capacité d’analyse, mais aussi une bonne condition physique, vous seront nécessaires pour exercer ce métier !

Notez que pour créer une entreprise de plomberie-chauffagiste, il sera nécessaire d’attester de qualifications professionnelles de chauffagiste. 

Bon à savoir

En tant que métier du bâtiment, vous êtes dans l'obligation de souscrire à des assurances professionnelles de responsabilité civile (assurances des travaux de construction et assurance décennale). Cela vous couvre en cas de dommage ou vice produit après la fin officielle d'un chantier.

  

Un projet qui se prépare 

Une réflexion en amont de votre lancement est cruciale pour ficeler votre projet et en mesurer sa rentabilité. Voici quelques questions fondamentales à vous poser : 

  • Où souhaitez-vous implanter votre activité ? Y a-t-il des concurrents et besoins particuliers sur le marché ? 

  • Quelle sera votre cible : les particuliers, les entreprises ou les deux ? 

  • De quoi avez-vous besoin pour vous lancer et par la suite (local, matériel) ? 

  • Comment financer vos dépenses afin d’être rentable ? 

  • Quels seront la nature et le coût de vos prestations ? 

  • Sous quelle forme juridique créer votre entreprise ? 

  • Enfin, considérez les acteurs qui vous entoureront : souhaitez-vous embaucher des salariés ? Quels fournisseurs choisirez-vous ? 

Toutes les réponses se trouveront dans un document fondamental : le business plan. Ce dossier vous servira de fil rouge et attestera de la solidité de votre projet auprès de vos partenaires et investisseurs. Vous l’avez compris : élaborer un business plan est fortement recommandé ! 

Le saviez-vous ?

Petite astuce : si votre entreprise présente des signes de qualité dits « RGE », Reconnu Garant de l’Environnement, vos clients pourront obtenir des aides de l’État dans la réalisation de certains travaux. Cela peut vous différencier de vos concurrents ! 

 

Je crée mon entreprise : comment choisir mon statut ? 

Tous les entrepreneurs doivent déterminer un cadre légal pour exercer de leur activité. Ce choix peut paraître complexe étant donné l’éventail des possibilités (notamment la SASU, l’EURL ou statut auto-entrepreneur). La première question à se poser est : voulez-vous créer une entreprise simple ou bien une société ? On est là pour vous éclairer ! 

L’entreprise individuelle : vous entreprenez en votre nom 

En tant qu’entrepreneur seul (donc sans associé), vous pouvez créer une entreprise individuelle (EI) en votre nom.

Votre propre personne est alors assimilé à votre entreprise : vous ne faites qu’un avec elle ! Par rapport à une société, les formalités de création sont moins onéreuses et plus rapides. Attention, vous êtes en revanche personnellement responsable des éventuelles dettes ! Cela peut mettre votre patrimoine personnel à risque ou décourager vos investisseurs (en cas de demande de prêt à la banque par exemple). 

Exemple

M. Mario Dupont souhaite exercer son métier de plombier en entreprise individuelle : il lui sera possible de le faire en tant qu’individu, et sa structure juridique sera confondue avec lui-même. Il sera simplement : M. Mario Bros, plombier indépendant. 

 

L’EI comporte deux variantes : 

  • L’auto-entreprise (ou micro-entreprise) vous fait bénéficier de formalités de création réduites à l’essentiel et du régime micro-fiscal et social simplifié. Pour bénéficier du statut auto-entrepreneur, votre chiffre d’affaires doit être inférieur à 72 600 € (plafond fixé pour les prestations de services commerciales et artisanales). Celui-ci peut donc être intéressant, mais se révèlera vite limité, d’autant plus que vous ne pourrez pas déduire vos charges de fonctionnement. 

  • L’EIRL permet de limiter la responsabilité de l’entrepreneur en distinguant son patrimoine personnel et professionnel. Pour plus d’informations, rendez-vous sur notre article : Pourquoi et comment choisir l’EIRL ? 

 

La société : une personne à part entière 

Contrairement à une entreprise individuelle (dont le statut auto-entrepreneur), une société est une entité juridique distincte de votre personne. Elle peut dès lors : 

  • Signer des contrats en son propre nom et agir en justice 

  • Posséder un patrimoine personnel : elle sera responsable en cas de dettes ou autre pépin financier. Votre responsabilité personnelle est donc « limitée » et votre portefeuille reste protégé. 

Par ailleurs, la création d’une société vous permet de : 

  • Développer votre activité autant que vous voulez : vous n’êtes soumis à aucun plafond de chiffre d’affaires. 

  • Faire preuve de davantage de crédibilité auprès de vos clients et partenaires 

  • Vous associer avec d’autres professionnels 

Les démarches de création seront en revanche plus complexes qu’en entreprise individuelle. Des professionnels peuvent vous accompagner dans toutes vos formalités de création : les experts de Simplitoo sont là pour ça ! 

Pour tout comprendre : Quelle différence entre société et entreprise ?

Exemple

 Lorsque M. Dupont crée sa société nommée « Super Dupont Plomberie », il donne naissance à une entité juridique distincte. Ce sera donc le nom qui apparaitra sur les contrats signés avec les fournisseurs. En conséquence, ces documents engagent directement la société, et non M. Dupont. En cas de non-paiement, c'est elle qui sera responsable, et non M. Dupont. 

 

 

Les types de sociétés les plus répandus 

Tout d’abord, comptez-vous entreprendre seul ou en groupe ? La réponse à cette question pourra vous aiguiller dans votre choix. 

Je suis seul à bord : la SASU et l’EURL 

La SASU et l’EURL sont adaptées aux entrepreneurs seuls, sans associés. Alors que la SASU est flexible et personnalisable, le fonctionnement de l’EURL sera davantage encadré par la loi.  

 

EURL 

SASU 

Règles de fonctionnement 

Prédéfinies par la loi (structure clé en main avec une grande sécurité juridique, mais peu de place à la personnalisation) 

Souples et personnalisables 

Protection sociale du dirigeant 

Travailleur Non Salarié (TNS) : couverture des indépendants 

Assimilé salarié : couverture sociale similaire à celle d’un salarié (sauf pour l’assurance-chômage) 

Impôts 

Impôt sur le revenu 

Impôt sur les sociétés 

 Pour en savoir plus, nous vous invitons à lire notre article : Comment choisir entre EURL et SARL ? 

Information importante

Les règles de fonctionnement de la SASU étant souples et peu encadrées par la loi, il vous faudra les établir avec rigueur. L'analyse juridique d'un professionnel vous sera indispensable ! 

 

Nous sommes plusieurs : la SARL ou la SAS 

Comme vous le savez maintenant, l’EURL et la SASU sont adaptées aux entrepreneurs seuls. C’est pourquoi on dit qu’elles sont « unipersonnelles ». Elles possèdent cependant chacune une version dite « pluripersonnelles », à savoir respectivement la SARL et la SAS. Elles répondent donc aux mêmes critères, sauf qu’elles vous permettent de vous associer avec d'autres professionnels !

  • La SARL correspond particulièrement bien aux petites entreprises ou les entreprises familiales. En effet, l'entrée de nouveaux associés est soumise à l'accord de tous les autres. Elle permet aussi au conjoint de participer aux activités de la société grâce au statut de collaborateur. 

  • La flexibilité de la SAS convient davantage aux entreprises de taille importante ou souhaitant accueillir des investisseurs.

Gardez en tête que peu importe la structure choisie, il vous sera toujours possible de la faire évoluer en fonction de vos ambitions. Vos choix ne sont pas gravés dans la roche ! Ainsi, vous pourrez parfaitement transformer votre EURL en SARL, ainsi que votre SASU en SAS (et inversement).

Bon à savoir

Besoin d'aide pour faire le bon choix ? Notre chatbot vous guide pas à pas pour déterminer la forme juridique adaptée à votre situation !

Même avec toutes les clés en main, s’installer à son compte peut susciter des questionnements. Vous avez besoin d’aide pour vos démarches de création ? L'équipe d’experts de Simplitoo est à votre écoute pour vous épauler et vous aiguiller dans cette nouvelle aventure. N’hésitez pas à nous contacter !  

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