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Comment devenir brocanteur ?

19-05-2022
5 minutes

Brocantes, vide-greniers, vous êtes capable de dénicher la perle rare pour ensuite la revendre à un bon prix ? L’activité de brocanteur, bien que non réglementée, nécessite d’être déclarée pour être exercée en toute légalité. Quelles sont les démarches obligatoires ? Quelle forme juridique choisir ? On vous explique comment faire !

Brocanteur : présentation du métier 

Le brocanteur est un commerçant faisant de l’achat et la revente d’objets d’occasion. Il trouve et revend sa marchandise essentiellement en brocantes, vide-greniers, braderie ou encore marchés aux puces.  

Le brocanteur est sélectif puisqu'il cherche avant tout des objets rares, usagés, anciens ou de collection. 

Il peut être généraliste ou spécialisé dans un domaine : meubles, jouets, vaisselle ou ustensiles de cuisine par exemple. 

De nombreux brocanteurs sont ambulants. Ils se déplacent donc au gré des foires, brocantes et vide-greniers, afin d’élargir leur zone de chinage et leur périmètre de vente. Ce contact direct avec les vendeurs et la clientèle reste l’idéal pour négocier les objets aux meilleurs prix. 

Il peut également vendre ses objets en ligne. Dans ce cas, il vend sa marchandise sur des plateformes de vente ou via son propre site e-commerce de brocante.  

 

Le saviez-vous ?

Le métier de brocanteur professionnel profite aujourd’hui d’un véritable boom du marché de l’occasion. Hausse des prix, baisse du pouvoir d’achat, chasse au gaspillage, les Français sont en effet de plus en plus nombreux à se tourner vers les objets de seconde main. À vous donc de profiter de cette tendance pour développer votre activité de brocante ! 

 

Brocanteur et antiquaire : quelles différences entre ces métiers ?  

On confond parfois le métier de brocanteur et l’activité d’antiquaire. Pourtant ces professions sont bel et bien différentes. 

La nature de leur marchandise  

Le bric-à-brac du brocanteur peut renfermer des objets tout à fait ordinaires : chaises, meubles, verres dépareillés, vaisselles, tapis, vases, comme des trésors cachés, livres anciens, timbres de collection, etc.  

À l’inverse, l'antiquaire est spécialisé dans une époque, un style, un art ou encore un domaine. Il est à la recherche d’objets d’art possédant une valeur historique. Il peut par exemple se spécialiser dans l’art chinois, un style ou un siècle en particulier. Contrairement au brocanteur, l’antiquaire ne vend que des objets référencés. Seul ou à l’aide d’un expert en art, il doit donc s’assurer de l’authenticité et de l’histoire d’une pièce avant de la revendre. 

Tandis que le brocanteur peut revendre des objets abîmés, l’antiquaire remet en état les objets qu’il achète, dès lors que cela est nécessaire. Il dispose donc bien souvent d’un atelier de restauration. L’antiquaire peut parfois faire appel à un artisan d’art pour l’aider dans le cadre de remises en état trop complexes. 

Des formations différentes 

Devenir brocanteur, c’est avant tout avoir l’œil et être bon négociateur. Au-delà des diplômes, votre curiosité et votre expérience seront donc vos meilleurs alliés. 

L'antiquaire, lui, a tout intérêt à se forger de solides connaissances dans l’art et l’histoire. Il s’oriente donc vers des formations spécifiques : 

  • Histoire de l’art à l’École du Louvre 

  • Licence d’histoire de l’art à l’université  

  • Formations dans des écoles privées (EAC, IESA) proposant des options « commerce de l’art »   

Des lieux d’exercice différents 

Alors que le brocanteur est par nature mobile (brocantes, vide-greniers, braderies, foires, marchés aux puces), l’antiquaire vend l’essentiel de sa marchandise au sein de son propre magasin d’antiquités. Néanmoins, il se déplace régulièrement pour dénicher des objets à vendre. L’antiquaire peut alors se rendre chez des particuliers, dans des salles de vente ou encore à des salons professionnels.  

Comme le brocanteur, l’antiquaire peut vendre sa marchandise en ligne. Le local commercial reste toutefois l’option la plus souvent choisie par ce professionnel. Elle lui permet en effet d’avoir pignon sur rue, d’exposer ses objets, d’accueillir sa clientèle et de la conseiller.  

Le saviez-vous ?

Il existe une formation commune à ces deux métiers : la licence professionnelle commerce option antiquaire brocanteur. 

 

Devenir brocanteur : quelles sont les qualités requises ? 

On vous le disait, le métier de brocanteur n’est pas réglementé. Tout le monde peut donc en théorie se lancer, quelle que soit sa formation ! 

Néanmoins, un cursus dans la vente et / ou dans l’art reste fortement conseillé.  

Au-delà d’une formation théorique, un bon brocanteur est doté des qualités suivantes : 

  • La curiosité, pour être à l’affût des nouvelles pièces 

  • Une capacité à analyser les tendances du marché, pour adapter la nature de ses marchandises à la demande des clients 

  • Une appétence pour l’art et l’histoire 

  • Une capacité à négocier les prix, à la fois quand il achète des biens d’occasion, mais aussi quand il revend des objets 

  • Le sens commercial 

Le brocanteur ne doit pas avoir peur de se déplacer. Les trajets font partie de son quotidien et il peut parcourir de nombreux kilomètres chaque semaine pour faire des trouvailles et / ou vendre des objets. 

Enfin, puisqu’il est à son compte, le brocanteur fera également face à des obligations administratives et comptables. Déclarations, enregistrements et factures, il est un véritable chef d’entreprise. 

 

La paperasse vous fait fuir ? Chez Simplitoo, nous vous aidons dans toutes vos obligations légales et dans la gestion quotidienne de votre entreprise. Vous bénéficiez d’un suivi 100 % personnalisé et vous mettez ainsi à l’abri des oublis ou des erreurs.  

 

Quelles réglementations pour le métier de brocanteur ? 

Être inscrit au registre du commerce et des sociétés (RCS) 

Le brocanteur est un commerçant. À ce titre, il a l’obligation de faire immatriculer son entreprise au registre du commerce et des sociétés (RCS).  

Cette immatriculation est obligatoire quelle que soit votre forme juridique (entrepreneur individuel, auto-entrepreneur, société commerciale comme une SASU ou une EURL). 

Cette formalité s’effectue auprès du CFE compétent (la Chambre de commerce et d'industrie ou CCI dans votre cas) ou au greffe du tribunal de commerce dont vous dépendez. 

Une fois votre demande validée, vous recevez votre numéro SIRET et votre extrait K bis. Ces documents attestent de l’existence légale de votre activité de brocanteur. 

Le greffe du tribunal fera également paraître une annonce dans le Bulletin officiel des annonces civiles et commerciales (BODACC)

 

S’inscrire au registre des revendeurs d’objets mobiliers  

Une fois son SIRET en poche, le brocanteur doit s'inscrire au registre des revendeurs d’objets mobiliers (ROM) auprès de la Préfecture ou de la sous-Préfecture. Attention, vous ne pouvez pas vendre de marchandise avant d’avoir effectué cette inscription. 

Vous devez joindre les documents suivants à votre demande : 

  • Une copie d'une pièce d'identité  

  • L’attestation d'inscription au registre du commerce et des sociétés (Kbis), datant de moins de 3 mois 

  • Le formulaire Cerfa n 11733*01, dûment rempli et signé 

Notez que cette obligation vaut également pour les auto-entrepreneurs. 

Un récépissé de déclaration vous sera ensuite remis. 

Tenir un livre de police  

Brocanteur ou antiquaire, dès lors que vous vendez des objets d’occasion ou usagés, vous avez l’obligation de tenir un registre de police (également appelé registre de brocante).  

Ce registre peut être tenu sous format papier ou être dématérialisé.  

Il doit notamment contenir les informations suivantes, pour chacune de vos marchandises. Attention, cette liste n’est pas exhaustive : 

  • Nature, description et provenance de l’objet 

  • Date à laquelle le brocanteur l’a acheté 

  • Identité du vendeur (nom, prénom, numéro de la carte d’identité, etc.) ou dénomination sociale et adresse du siège social s’il s’agit d’une personne morale 

  • Numéro d’ordre attribué à l’objet 

  • Prix d'achat et mode de règlement 

Ce document a pour objectif de lutter contre la revente d’objets volés. Vous devez toujours l’avoir en votre possession lors de vos déplacements professionnels. 

 

Avoir une carte de commerce ambulant  

La carte de commerce ambulant concerne les professionnels qui vendent leurs services ou leurs produits de façon itinérante. Plus précisément, elle vous concerne dès lors que vous exercez votre activité en dehors de la commune où se situe votre siège social.  Cette obligation concerne donc les brocanteurs professionnels, quel que soit leur forme juridique ((entrepreneur individuel, auto-entrepreneur, société commerciale) et même si votre brocante dispose d’un local commercial fixe. 

Pour obtenir cette carte, vous devez remplir le formulaire Cerfa n°14022*02

La carte de commerçant ambulant est valable 4 ans, est renouvelable et coûte 30 €.  

Bon à savoir :  

Seul le chef d’entreprise a besoin de présenter cette carte. Le conjoint collaborateur, les associés et les salariés ne sont pas tenus de la présenter. 

 

Quel statut juridique choisir pour devenir brocanteur ? 

 Ouvrir une entreprise individuelle 

Première option : devenir entrepreneur individuel. Cette forme juridique est réservée aux entrepreneurs qui souhaitent se lancer seul. 

En entreprise individuelle, on dit que vous vous lancez en votre « nom propre » car vous ne formez qu’un avec votre entreprise. C’est pour cela qu’elle porte forcément votre nom. Contrairement à la création d’une société, l’entrepreneur individuel n’a pas besoin de créer une personne morale. Les démarches de création et de gestion sont alors simplifiées. 

L’entrepreneur individuel a la possibilité d’opter pour le régime de la micro-entreprise (ou auto-entreprise). Il bénéficie ainsi de 2 avantages majeurs : 

  • Le régime micro-social : ses cotisations sociales sont calculées proportionnellement à son chiffre d’affaires (12,8 % pour un brocanteur auto-entrepreneur) 

  • Le régime micro-fiscal : l’auto-entrepreneur bénéficie d’un abattement forfaitaire (71 % pour un brocanteur auto-entrepreneur) pour le calcul de son revenu imposable. 

L’auto-entrepreneur profite également d’obligations comptables allégées. Seule la tenue d’un livre de recettes (et un registre des achats le cas échéant) est exigée.  

En revanche, pour continuer à bénéficier de ce régime avantageux, l’auto-entrepreneur ne doit pas excéder les plafonds de chiffre d’affaires annuel (176 200 euros pour un brocanteur en auto-entreprise). Notez également que vous ne pourrez pas déduire vos frais professionnels pour le calcul de votre base d’imposition. 

Bon à savoir

La loi du 14 février 2022 en faveur de l’activité professionnelle indépendante a mis fin à l’entreprise individuelle à responsabilité limitée (EIRL). Désormais, les entrepreneurs individuels ont uniquement le choix entre EI classique (régime réel ou de la déclaration contrôlée) et régime auto-entrepreneur. 

 

Créer une société 

Seconde option : la création d’une société pour ouvrir une brocante. Les formalités de constitution sont certes plus lourdes que pour un entrepreneur individuel mais vous profiterez de multiples avantages : 

  • Contrairement à l’entrepreneur, vous n’êtes pas soumis à un plafonnement de votre chiffre d’affaires  

  • Une société renvoie une image plus solide, auprès des banques notamment, grâce à la constitution d’un capital social 

  • Vous avez le choix entre plusieurs formes juridiques, en fonction de votre projet et de votre situation 

  • Vous pouvez vous associer avec d’autres personnes. 

Les formes les plus plébiscitées pour se lancer seul sont l’EURL et la SASU.  

Pour aller plus loin : Auto-entreprise, EURL ou SASU : quel statut choisir ? 

Bon à savoir

Envie de vous associer ? Il vous suffit de transformer votre EURL en SARL ou votre SASU en SAS. En entreprise individuelle, vous serez contraint de fermer votre entreprise pour passer en société (y compris pour un auto-entrepreneur). 

 

Si vous décidez de créer une société pour votre activité de brocante, il vous faudra respecter les étapes suivantes : 

  • Rédiger les statuts de votre société 

  • Constituer et déposer le capital social  

  • Publier une annonce légale  

  • Remplir le formulaire M0 et déposer votre dossier au CFE, c’est-à-dire la Chambre de commerce et de l’industrie (CCI) dans le cadre d’une activité de brocante 

Pour en savoir plus : Comment créer son entreprise en 6 étapes ?  

 

Nos conseils pour bien débuter votre activité de brocanteur 

Faire un business plan  

Vous avez tout intérêt à rédiger un business plan avant de débuter votre activité de brocante. Ce document complet vous permet en effet de tester la faisabilité et la rentabilité de votre projet. 

Grâce à votre business plan, vous allez notamment pouvoir :  

  • Déterminer précisément votre offre et vous positionner face à la concurrence 

  • Définir la stratégie marketing et de communication de votre activité  

  • Élaborer un plan de financement 

Notez qu’un business plan peut être exigé par vos éventuels investisseurs. 

Devenir membre d’une association de brocanteurs  

Il existe de nombreuses associations de brocanteurs. Ces entités regroupent d’autres brocanteurs pour former un syndicat professionnel. Rejoindre ces associations vous permettra faire valoir votre expertise et votre savoir-faire dans la brocante, et ainsi de rassurer vos clients. 

Faites-vous connaître 

Que vous vendiez ou non votre marchandise en ligne, les réseaux sociaux constituent un moyen efficace pour développer votre notoriété dans le domaine de la brocante. 

Vous pouvez également créer votre propre site internet afin de diffuser votre catalogue en ligne. Envie de vous lancer dans la vente à distance ? Il existe aujourd’hui de nombreuses solutions clé en main vous permettant de développer votre site de e-commerce. Notre partenaire Educademy vous propose ainsi une formation Shopify afin de créer votre boutique en ligne et lancer vos premières campagnes marketing.  

 

Vous avez maintenant toutes les cartes en main pour devenir brocanteur ! Envie d’un accompagnement personnalisé ? Les experts Simplitoo vous accompagnent de A à Z dans vos démarches de création, de la rédaction de vos statuts jusqu’à l’obtention de votre Kbis. Contactez-nous ! 

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